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Internationalisme(s) et éducation pendant la Guerre froide. Acteurs, compétitions, circulations / Internationalism(s) and Education during the Cold War. Actors, Rivalries and Circulations

15.09.2020 - 16:10 Add to calendar
Appel à communication

English version below

Internationalisme(s) et éducation pendant la Guerre froide. Acteurs, compétitions, circulations
Colloque international, Université de Lausanne, 24-25 juin 2021

Dans le sillage du tournant transnational et global de la recherche historique de ces dernières années, plusieurs études se sont focalisées sur l’histoire des internationalismes aux XIXe et XXe siècles. L’un des pionniers de la réflexion dans ce domaine, Akira Iriye, définit cette notion de manière très large, incluant toute activité visant à promouvoir la coopération internationale (Cultural Internationalism, 1997). Expression d’un idéal et pratique ancrée dans une multitude de terrains, l’internationalisme peut donc répondre à des motivations très diverses.

L’éducation constitue assurément un point d’observation privilégié pour saisir les acteurs, la portée et les logiques parfois contrastées de ce phénomène. Plusieurs chercheuses et chercheurs en ont d’ailleurs retracé l’histoire depuis son émergence au XIXe siècle jusqu’à son institutionnalisation au cours de la première moitié du XXe siècle. En revanche, encore peu de travaux se sont intéressés à l’internationalisme éducatif tel qu’il se développe au cours de la Guerre froide. Cette période offre pourtant un cadre exceptionnel pour saisir l’évolution et les métamorphoses des processus d’internationalisation des savoirs et des pratiques éducatives, que ce soit dans la sphère scolaire ou extra-scolaire. Portés par une multitude d’acteurs nationaux, internationaux et impériaux, ceux-ci s’articulent en effet étroitement non seulement avec les enjeux posés par l’affrontement idéologique entre les blocs de l’Est et de l’Ouest, mais aussi avec le processus de construction européenne, la décolonisation, l’émergence du « tiers-mondisme » et les tentatives de régulation des relations internationales (maintien de la paix, etc.). Dès lors, il s’agit dans ce colloque de poser les bases pour une histoire plurielle et croisée de l’internationalisme éducatif, en retraçant ses formes, ses trajectoires (Nord-Sud, Est-Ouest, Sud-Sud) ainsi que son impact sur le cadre politique et les rapports de force déterminés par la « Guerre froide globale ». Notre ambition est, d’une part, d’approfondir et de prolonger les réflexions historiographiques récentes mettant en avant la porosité du « rideau de fer », les ambiguïtés des processus d’« américanisation » et de « soviétisation » des sociétés occidentales ainsi que les intenses interactions entre les deux blocs et les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. D’autre part, cette rencontre aspire aussi à réintroduire le paradigme européen au cœur des enjeux marquant la deuxième moitié du XXe siècle.

Nous souhaitons réunir des contributions de chercheuses et chercheurs, juniors ou confirmés, autour de trois axes de recherche principaux :

1. Des « guerriers de la Guerre froide » ? Les acteurs des internationalismes en matière d’éducation

Qu’ils s’agissent d’acteurs étatiques ou non étatiques, d’organisations internationales gouvernementales ou non gouvernementales, d’associations ou d’institutions confessionnelles, professionnelles, politiques, de ligues militantes, de mouvements de jeunesse, d’organisations philanthropiques, missionnaires ou de réseaux d’experts, il est tout d’abord nécessaire d’interroger le rôle de ces acteurs comme courroies de transmission de pratiques, de valeurs et de normes internationalistes. Il sera question d’examiner leurs ambitions, de mettre à jour leur fonctionnement, leur mise en réseaux et leurs rapprochements parfois surprenants. Ce premier axe a donc pour objectif de mieux connaître les différentes manifestations de l’internationalisme éducatif, de faire émerger les divers centres névralgiques où il se déploie et de mettre l’accent sur la variété des motivations qui le sous-tend (communisme, anticommunisme, libéralisme, européisme, pacifisme/humanisme, post-impérialisme, etc.).

2. Les modèles et paradigmes éducatifs à caractère internationaliste

Quels sont les modèles et les paradigmes éducatifs qui sont au cœur des campagnes internationalistes ? Dans quelle mesure les différentes conceptions éducatives internationalistes promues se définissent en fonction et par réaction à d’autres modèles ? Comment ces dernières peuvent-elles cohabiter, se retrouver en concurrence ou entrer en contradiction par exemple avec les normes nationales ? Ce deuxième axe de recherche souhaite explorer les différences, mais aussi les points de rencontre, les enchevêtrements et les compromis idéologiques entre les différentes formes d’internationalisme. Il s’agira également d’étudier de quelle façon les phénomènes de transfert, de circulation et d’hybridation ont façonné les diverses politiques scolaires mises en place dans une perspective internationaliste (éducation à la paix, aux droits de l’homme, à la compréhension internationale, à l’Europe, etc.).

3. Les instruments, les pratiques et les résultats des internationalismes éducatifs

Quels sont les instruments et les supports pédagogiques susceptibles de favoriser les circulations et de concrétiser ainsi les ambitions internationalistes ? La révision des manuels, la mise en place de rencontres internationales, d’échanges scolaires et estudiantins, tout comme l’organisation de jumelages, de voyages d’études, de concours et d’expositions scolaires ou encore les politiques d’aide au développement dans les pays du Sud (envoi d’experts, etc.) sont autant de stratégies développées par les acteurs investis dans la promotion d’un internationalisme éducatif et/ou de principes internationalistes. L’objectif de ce troisième axe est donc de se confronter au réel des initiatives internationalistes afin d’en évaluer non seulement les résultats mais aussi les résistances qu’elles rencontrent.

Les langues de travail du colloque seront le français et l’anglais. Les communications devront s’appuyer sur une présentation projetée dans l’autre langue. Les papiers des communications (environ 6000 mots) seront soumis quelques semaines avant le début de la manifestation. Une publication collective (en anglais et/ou en français) est prévue.

Deux keynotes seront assurées par Rita Hofstetter et Joëlle Droux (Université de Genève), ainsi que par Gilles Scott-Smith (Université de Leiden).

Le transport et l’hébergement des participants seront pris en charge, totalement ou partiellement, en fonction des résultats des demandes de subventions. La priorité sera accordée aux jeunes chercheuses et chercheurs.

Comité scientifique

Sandra Bott (Université de Lausanne) ; Olivier Dard (Sorbonne Université) ; Joëlle Droux (Université de Genève) ; Matthieu Gillabert (Université de Fribourg) ; Charles Heimberg (Université de Genève) ; Rita Hofstetter (Université de Genève) ; Miguel Bandeira Jerónimo (Université de Coimbra); Sandrine Kott (Université de Genève) ; Angela Romano (European University Institute) ; Stéphanie Roulin (Université de Fribourg) ; Xavier Riondet (Université de Lorraine) ; Nadine Ritzer (Pädagogische Hochschule Bern) ; Janick Schaufelbuehl (Université de Lausanne) ; Giles Scott-Smith (Leiden University) ; Ludovic Tournès (Université de Genève) ; François Vallotton (Université de Lausanne).

Modalités de soumission et calendrier

15 septembre 2020 : Envoi des propositions aux adresses suivantes : Raphaelle.RuppenCoutaz@unil.ch, Damiano.Matasci@unige.ch Les propositions (300 mots max. en fichiers word ou pdf) comporteront un titre, une problématique explicite, une bibliographie (5 références max.) et une courte notice bio-bibliographique (15 lignes max.).

Décembre 2020 : Notifications d’acceptation après un processus de sélection conduit avec l’aide des membres du Comité scientifique.

11 juin 2021 : Envoi d’un papier d’environ 6000 mots qui sera mis à disposition des collègues prenant part à la conférence.

24-25 juin 2021 : Colloque international sur le campus de l’Université de Lausanne.

15 septembre 2021 : Remise des papiers sélectionnés pour la publication.

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Internationalism(s) and Education during the Cold War. Actors, Rivalries and Circulations
International Conference, University of Lausanne, June 24-25, 2021

In the wake of the recent transnational and global turn in historical research, several studies have focused on the history of internationalisms in the 19th and 20th centuries. One of the pioneers of reflection in this field, Akira Iriye, provides a very broad definition of this concept, including any activity aimed at promoting international cooperation (Cultural Internationalism, 1997). Accordingly, “internationalism” can refer both to the expression of an ideal and to a practice rooted in a multitude of fields, thus responding to a wide variety of motivations.

Education is certainly a fertile ground that can help us come to grips with the actors, scope, and occasional contrasting logics of this phenomenon. Several researchers have traced its history from its emergence in the 19th century to its institutionalization in the first half of the 20th century. However, not much research has been focused on educational internationalism, as it developed during the Cold War. Yet, this period provides an exceptional framework for understanding the evolution and metamorphosis of the processes of internationalization of knowledge and educational practices, whether in the school sphere or in the extra-curricular environment. Driven by a multitude of national, international, and imperial actors, these are articulated through the ideological confrontation between the blocs of the East and the West, but also through the challenges posed by European integration, decolonization, the emergence of "third worldism" and the attempts to regulate international relations (maintenance of peace and security, etc.). Therefore, the aim of this conference is to lay the foundations for a global history of educational internationalism, tracing its forms, its trajectories (North-South, East-West, South-South), as well as its impact on the political framework and the balance of power determined by the “global Cold War”. On the one hand, our ambition is to deepen and to extend recent historiographical reflections which highlighted the porosity of the "Iron Curtain", the ambiguities of the processes of “Americanization” and "Sovietization" of Western societies as well as the interactions between the two blocs and the countries of Africa, Asia and Latin America. On the other hand, this meeting also aims at (re)introducing the European paradigm as a key issue in the history of the second half of the 20th century.

We want to bring together contributions from junior or confirmed researchers around three main lines of research:

1. “Cold War warriors”? The actors of internationalisms in education

Be they state or non-state actors, international governmental or non-governmental organizations, faith-based, professional, political or activist groups, or youth organizations, philanthropic organizations, missionaries or networks of experts, it is first of all necessary to investigate the role of these actors as transmission belts of practices, values and internationalist standards. This will involve examining their ambitions, revealing their operation, their networking and their occasional surprising links and connections. This first line of research therefore aims to better understand the different manifestations of internationalism, to bring out the various nerve centers where it unfolds and to emphasize the variety of impulses that underlie it (communism, anti-communism, europeanism, pacifism/humanism, liberalism, post-imperialism, etc.).

2. Internationalist educational models and paradigms

What are the educational models and paradigms that are at the heart of internationalist campaigns? To what extent are the different internationalist educational conceptions promoted defined in terms of and in response to other models? How can they coexist, compete or contradict national standards, for example? This second line of research aims to explore differences, but also intersections, entanglements and ideological compromises between different forms of internationalism. It will also examine how the phenomena of transfer, circulation and hybridization have shaped the various school policies put in place from an internationalist perspective (education for peace, human rights, international understanding, Europe, etc.).

3. The instruments, practices, and outcomes of educational internationalisms

What are the instruments and educational materials that can promote circulations and thus make internationalist ambitions a reality? The revision of textbooks, the establishment of international meetings, school and student exchanges; the organization of twinnings, study trips, and school exhibitions; as well as the implementation of development aid policies in countries of the “Global South”, are all strategies developed by the actors invested in promoting educational internationalism and/or internationalist principles. The objective of this third line of research is therefore to confront ourselves with the reality of internationalist initiatives in order to assess not only the outcomes, but also the resistance they encounter.

The working languages of the conference will be French and English. Communications expressed in one language will have to be supported and augmented by a simultaneous digital presentation in the other language. The papers of the communications (approximately 6,000 words) will be submitted a few weeks before the start of the event. A collective publication (in English and/or French) is planned.

Keynote lectures will be provided by Rita Hofstetter and Joëlle Droux (University of Geneva), as well as by Giles Scott-Smith (Leiden University).

The transport and accommodation of participants will be taken care of, fully or partially, depending on the results of the grant applications. Priority will be given to young researchers.

Scientific Committee

Sandra Bott (University of Lausanne); Olivier Dard (Sorbonne University); Joëlle Droux (University of Geneva); Matthieu Gillabert (University of Fribourg); Charles Heimberg (University of Geneva); Rita Hofstetter (University of Geneva); Miguel Bandeira Jerónimo (University of Coimbra); Sandrine Kott (University of Geneva); Angela Romano (European University Institute); Stéphanie Roulin (University of Fribourg); Xavier Riondet (University of Lorraine); Nadine Ritzer (Pedagogische Hochschule Bern); Janick Schaufelbuehl (University of Lausanne); Giles Scott-Smith (Leiden University); Ludovic Tournès (University of Geneva); François Vallotton (University of Lausanne).

Submission terms and schedule

September 15, 2020: Please send proposals to the following addresses: Raphaelle.RuppenCoutaz@unil.ch, Damiano.Matasci@unige.ch
Abstracts (300 words max. in word or pdf files) will include a title, a specific issue, a bibliography (5 references max.) and a short bio-bibliographic notice (15 lines max.).

December 2020: Acceptance notifications after a selection process conducted with the help of members of the Scientific Committee.

June 11, 2021: Papers (6,000 words) will be shared amongst colleagues attending the conference.

June 24-25, 2021: International conference on the campus of the University of Lausanne.

September 15, 2021: Final version of the papers for publication.

Organisateurs: 
Dr. Raphaëlle Ruppen Coutaz (Université de Lausanne) et Dr. Damiano Matasci (Université de Genève)

Lieu de l'événement

Université de Lausanne
Quartier UNIL-Chamberonne
1015
Lausanne

Contact

Raphaëlle Ruppen Coutaz
Langues de l'évènement: 
Anglais

Informations supplémentaires sur l'événement

Coûts de participation

Prix de l'évènement: 
0.00 CHF