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Digital diplomatics & digital forensics (ECA 2010)

"En 1920, retoucher une photographie pour faire disparaître Trotsky relevait de la prouesse technique; aujourd'hui, c'est à la portée de n'importe quel garçon de 16 ans."

C'est avec cette référence à la célèbre photo truquée de Lénine tenant un discours à Moscou le 5 mai 1920 que Mme. Luciana Duranti, professeur en archivistique à Vancouver, a introduit sa conférence sur une discipline aussi cruciale que récente: la diplomatique numérique.

Dans un nouvel environnement numérique où les données sont reproductibles à l'infini, le concept même de document doit être redéfini, tout comme les notions d'"authenticité", de "fiabilité", d'"exactitude", de "conformité", etc.

Avant même de penser à la fiabilité des sources pour l'historien, ces questions ont des implications légales fondamentales: sous quelles conditions un document électronique (mail, sms, enregistrement, photographie) peut-il être reçu comme preuve dans un tribunal ?

Le coeur de l'expertise en diplomatique numérique est la répétibilité des opérations. Mais celle-ci requiert une connaissance avancée des logiciels informatiques et des formats de données, qui n'est pas toujours facile à obtenir, surtout lorsque lesdits logiciels et formats ne sont pas "ouverts".

Cette préoccupation légaliste, qui se trouvait déjà à l'origine de la diplomatique comme discipline, se repose aujourd'hui avec une nouvelle acuité.

A suivre notamment sur le Digital Records Forensics Project. Voir aussi l'entrée Informatique légale sur wikipédia.