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Les casse-têtes informatiques de l'administration fédérale

Les scandales se multiplient autours des infrastructures informatiques de la Confédération.

Il y a quelques mois, c'était le système informatique de l'armée suisse qui était au centre de l'attention: 700 millions d'euros d'achats informatique entre 2006 et 2007 - le plus gros investissement jamais réalisé par l'armée - pour une série de programmes incompatibles entre eux. Toujours pas en fonction aujourd'hui, le système menace d'être dépassé avant même d'avoir commencé à fonctionner. Une enquête administrative dirigée par Ueli Maurer est en cours.

La semaine dernière, une affaire de corruption éclatait à l'Office fédéral de l'environnement. Un employé aurait truqué les appels d'offre pour privilégier une compagnie informatique dans laquelle il avait des intérêts personnels.

Depuis hier, c'est l'Office fédéral de l'informatique qui fait l'objet de critiques. Un programme de gestion électronique, introduit en 2009, censé coordonner les offices cantonaux de l'emploi, les agences de placement et les caisses de pensions, ne fonctionne pas. Le projet à déjà couté 60 millions de francs. Corruption et marchés truqués sont ici aussi au centre du scandale.

A une époque où l'administration publique tend vers son informatisation intégrale, ces affaires suscitent de graves interrogations.

- Qui possède vraiment les compétences pour développer les systèmes informatiques des institutions publiques ? L'administration fédérale ou le secteur privé?

- Corruption et conflits d'intérêts sont-ils caractéristiques du secteur de l'informatique publique, vu les sommes en jeux et sa nature technique incomprise du public ?

- Comment établir la transparence et éviter la corruption et les conflits d'intérêts dans ce secteur ?

- Quel rôle jouent les Archives fédérales, qui devraient pourtant être LE centre de compétence sur les cycles de l'information au sein de l'administration publique ?

Photo: Office fédéral de l'informatique et des communications, par Tim Venchus, sur Flick.