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A la recherche d'un business model pour les Digital Humanities (THATCamp Florence)

Faut-il laisser les infrastructures des Digital Humanities au compagnies privées ? Comment trouver un modèle économique viable pour l'édition en Open Access ?

C'était de le thème d'une session de THATCamp Florence proposée par Marin Dacos, directeur du Centre pour l'édition éléctronique ouverte (CLEO), qui publie la plateforme OpenEdition.org. Depuis la déclaration de Berlin sur l'Open Access et l'accès au savoir, la question est sur toutes les bouches: Comment financer un accès universel gratuit au savoir ? On connait déjà la Green Road - c'est à dire le dépôt de publications par les auteurs eux-mêmes dans des archives ouvertes institutionnelles et la Gold Road - c'est-à-dire l'édition en OA. Mais la question du financement reste lancinante.

Dans ce contexte, les nouveaux services d'information scientifique en ligne sont problématiques. Ils nécessitent des financements à long terme pour offrir des services fiables. En même temps ils n'ont pas de place dans les réseaux de soutien publics à la recherche. En effet ces derniers financent prioritairement les institutions de recherche d'une part, et d'autres part des projets de recherche à durée déterminée.

Alors que faire ? Pour Marin Dacos, il est clair que les chercheurs doivent s'engager pour défendre le projet d'un écosystème de la recherche scientifique qui soit ouvert, neutre, et équitable.

Interview: Marin Dacos (CLEO, Marseille) - "Les éditeurs poursuivent une stratégie d'oligopole" by infoclio.ch

Les compagnies privées ne remplissent pas les exigences de transparence et de responsabilité requises pour une telle tâche, et de citer l'exemple du livre 1984 de George Orwell retiré sans préavis en juillet 2009 par Amazon de toutes les lectrices Kindle. Par ailleurs les modèles dit "Open Choice" promus par Springer ou celui de la Public Library of Science reviennent en réalité à faire payer aux auteurs les coûts de l'OA - une mauvaise solution.

Ref.: Jean-Claude Guédon, A l'Ombre d'Oldenburg: Bibliothécaires, chercheurs scientifiques, maisons d'édition et le contrôle des publications scientifiques, Université de Montréal, 2001. (Disponible en ligne sur HAL)

La solution choisie par OpenEdition.org s'appelle Fremium. Pour rappel, OpenEdition.org, c'est 300 revues en libre accès (revues.org), 180 blogs académiques (hypothèses.org) et un calendrier des évènements en sciences humaines et sociales (Calenda). Le modèle Fremium consiste à offrir un accès complet et gratuit à tous les utilisateurs, tout en proposant des services avancés payants. Le modèle est déjà largement présent sur le Web pour d'autres services, notamment Skype, Flikr, Soundcloud ou Dropbox.

Mais en ce qui concerne l'édition scientifique, force est de reconnaître que le Fremium ne suffit pas. Il doit être associé avec d'autres sources de financement. Conclusion: L’État est - et doit rester - un acteur fondamental d'un accès universel aux résultats de la recherche scientifique.

Update: Après le rejet du Google Books Settlement, Robert Darnton est du même avis en ce qui concerne la création d'une National Digital Public Library aux États-Unis.